Mounir Bouti au Radjadamnoern Stadium

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Par GAP - 4/09/2006
Victoire par K.O au 2nd round à Bangkok

Pour bien marcher dans la neige, ou pour suivre un sentier battu, on suit souvent la trace de ses prédécesseurs. Les repaires sont difficiles, le doute s’installe, la croisée des chemins fait que toutes sortes de directions sont à notre portée et notre instinct prend souvent le dessus. Que notre décision soit impulsive ou compulsive, l’aventure continue mais les difficultés diffèrent.

Un bon boxeur, est un boxeur qui comprend les traces de ses pairs. Savoir analyser le parcours de son professeur et en retenir une leçon prouve qu’une grande force de caractère forge le boxeur. Le respect, la passion, sont les valeurs de la Kerner Team. Il ne peut y avoir de symbiose entre le professeur et son élève sans le partage de ces valeurs.

Dans Kerner Team on retrouve Kerner, force est de constater que son histoire et son parcours ont survoler les années. Le mythe de ce grand combattant ne s’est pas fait en un jour mais au fil de ses expériences et au travers des chemins qu’il a empreinté. Puis viens le mot Team, il s’adresse à toutes les personnes voulant participer à cette grande aventure. La montée est vertigineuse, s’accrocher à ces valeurs n’est pas donné à tous, mais au final l’union fait la force et forge les valeurs que chacun apporte à l’édifice.

Cet édifice c’est notre amour de la Boxe thaï. J’utilise le mot boxe thaï car à trop vouloir nous approprier une méthodologie fédérale on en oublie que ce nom devenu vulgaire pour certains à animé notre passion, fait couler notre sueur, façonné notre vision du sport et de la vie en générale. C’est un chemin difficile que nous avons choisi où il y a encore peu de personnes qui ont ouvert la voie. La voie du Muay Thai est semée d’embûches. Mais qui en est revenu inchanger ? Qui après sont premier voyage en Thaïlande n’a pas eu une perception différente de son ART ?

Aujourd’hui les routes sont bien tracées mais Mounir BOUTI a choisi de ne pas se plier aux exigences des voies expresses. Pour défendre ses valeurs et son idéologie il a choisi son chemin.

Tous à commencé en août 2004 lorsque son professeur Guillaume KERNER a décider d’envoyer son élève combattre en Thaïlande. Comme bien d’autres il lui fallait découvrir la source de sa passion et connaître les rings thaïlandais. L’objectif de son voyage était d’affronter de nouvelles difficultées. Ce voyage organisé s’est déroulé en plusieurs étapes. La première se trouve dans le nord-est de la Thaïlande à Ubon Ratchathani, il y trouve un accueil chaleureux et obtient une victoire par K.O. Puis viens le temps de Bangkok où un combat l’attends au Radjadamnoern Stadium.

Lors de cette soirée Mounir BOUTI met son adversaire Kingpetch Petchjarean K.O au 2ème round sur une superbe série en anglaise.

Que reste-t-il de ce voyage en Thaïlande ? Pour Mounir BOUTI une prise de contact avec les rings thaïlandais et une expérience enrichissante. Pour les Thaïs, le passage d’une aubaine venu de Paris, mais un nom oublié.

Aujourd’hui Mounir BOUTI relance ce travail. Oublié des parieurs et des amateurs thaïlandais, son retour deux ans après passe comme inaperçu.

Ce nouveau défi n’avait pas le même sens aux yeux de la Kerner Team, l’apprentissage passé, il était temps de prouver sa valeur et sa place dans ce monde fermé du Muay Thaï où pour les thaïlandais seuls les boxeurs locaux ont une valeur internationale. Le but de la Kerner Team est de leur prouver le contraire. Guillaume KERNER à été un grand champion mais la mémoire s’efface vite et dans la vie thaïlandaise il y a peu de place pour la nostalgie. Les paris sont ouverts le jour du combat.

Pour tout boxeur qui souhaite avoir un avenir en Thaïlande, le passage obligatoire pour convaincre est le samedi au Lumpini et le dimanche au Radjadamnoern.

Photo du Radjadamnoern Stadium et du Lumpini Stadium.

Mounir BOUTI est parti en Thaïlande le 15 Juillet et son objectif est fixé, rencontrer les meilleurs pour intégrer le classement du radjdamnoen. Mais la route n’est pas toute tracée dans ce pays de 280 000 mille boxeurs professionnels. Personne ne connaît Mounir BOUTI et encore moins son palmarès. Deux ans après il n’y a pas un parieur prêt à miser sur son nom.

Prise de contact faite avec les promoteurs, c’est le dimanche 10 août qui lui est proposé de combattre. Mounir BOUTI sait patienter car son objectif est de prouver et de plaire. Il sait que le dimanche est considéré comme le jour le moins attractif, mais regardé comme l’un des plus sélectif. Dans son précédant voyage lorsqu’il cotoyait ses camarades de camps à Ubon et Kantharalak, leur rêve était d’aller boxer à Bangkok. Pour eux le dimanche était un jour important, un ticket d’entrée sur des bourses plus conséquentes et une façon d’apporter à sa famille un soutien financier. En province les premières primes remboursent d’abord l’investissement du camp avant de revenir aux boxeurs. Ce sont des paris difficiles que font les managers dans un pays où tout le monde rêve de gloire et d’argent la place est chère et le rêve bien court.

Effectivement le dimanche n’est pas un jour de grand événement en Thaïlande, mais il est jour de naissance et reconnaissance pour ces jeunes débutants. Oui Mounir BOUTI est pris pour un débutant, mais qui dans ce pays peu ce donner un statut de super star sans être connu. Le piston existe via des promoteurs ou des managers mais Mounir est resté propre à l’image qu’il fait transparaître en France. Monter et gravir les échelons au fur et à mesure, faire preuve de sa personne et de ses qualités, accepter tous les défis même si cela exige une route longue et sinueuse. Voila les valeurs propres de la Kerner Team. Pas de carrière protégée mais seulement de l’authentique sans traitement de faveur ni refus d’affrontement.

C’est durant deux semaines que Mounir BOUTI à peaufiner sa préparation sur Bangkok. Le programme lancé peu d’information sur son adversaire Vatsana Dokplamorkoo circulaient, 40 combats et classé dans sa province « Udon Thani » Qu’importe Mounir savait que son adversaire venait pour prouver et gagner tout comme lui. Seul le résultat importe ce jour là, c’est la clé de la réussite à Krungtiep (nom de Bangkok en thaïlandais) et du devenir de son expérience en Thaïlande.

Le jour-J il était fin prêt pour montrer et revendiquer l’accès à l’étape suivante qui ouvre les portes des promoteurs et des grandes soirées de boxe Thaï. Ce ticket d’entrée vaut chère et pour tout le monde, pour les Thaïs le voyage est long et plein de promesses, Pour Mounir c’est l’aboutissement de ses heures d’entraînements et de son niveau jugé par ses pairs. Après une pesée à 6 heures trente du matin où les deux combattants ont remplis leurs engagements, Mounir partait se reposer pour bien préparer son combat.

Mounir va préparer son entrée sur le ring. Après s’être fait massé et bandé les mains il attendra sur une chaise au fond du stade. En Thaïlande il faut être prêt dès le début du match précédant. Cela lui laissera le temps de voir le combat. Tout se joue dans la tête, le temps semble très long quand on est dévisagé par les parieurs, regarder comme une bêtemais il n’en perdra pas pour autant son objectif ; gagner.

Soudain un K.O intervient à la 4ème reprise et Mounir BOUTI se lève. Les premiers pas vers le ring semblent durer une éternité. Pourtant en passant les cordes tout devient subliminal, la foule, les parieurs, tout disparaît sa concentration s’intensifie et il se laisse bercer par la musique enivrante des musiciens thaïlandais. Il y a comme une rupture et le calme est revenu quand le ramuay commence. Mounir en sort applaudi par l’ensemble du stade et pourtant à ses oreilles rien ne transparait car il est dans son match, seul avec lui-même.

Mounir va entrer tous de suite dans le match car il est dans l’obligation de gagner et de prouver. Dès le premier round il va chercher à imposer son style. Toutes les techniques de la boxe Thaï vont y passer, des échanges de middle kick donneront le ton. Mounir BOUTI va se jeter corps et âme dans la bataille, remarquant que Vatsana Dokplamorkoo mise tous sur sont middle droit. Mounir aurait peut-être pu perdre confiance sous les foudroyants impacts de son adversaire mais il n’en sera rien. Pour déstabiliser Vatsana Dokplamorkoo Mounir rentrera en corps à corps comme un rouleau compresseur. coups de coude en sortie de corps à corps, contres en low kick intérieur sur les middles... et le coup de gong retenti. A écouter les thaïs Mounir BOUTI s’est vidé « Farang may me leng my pen rai » Pourtant dés le coup de gong annonçant le second round, c’est un boxeur décidé et sûr de lui qui revient au milieu du ring. A son tour il inflige des middles qui sont tant appréciés des juges thaïlandais. Son travail de destruction se met en place avec des frappes variées aussi bien au corps qu’aux jambes et à la tête. Ce travail sera payant car en bousculant Vatsana Dokplamorkoo Mounir BOUTI trouvera une ouverture dans sa garde Et sur une série de poings il mettra Vatsana Dokplamorkoo K-O. Celui-ci mettra du temps à se relever mais finira par reprendre ses esprits.

Mounir BOUTI descends du ring la tête encore dans son combat et jette un regard vers sont adversaire encore inanimé. Déjà une foule de parieurs l’ovationnent pour sa prestation lui promettant un futur radieux.

Après quelques minutes Mounir BOUTI aura l’occasion de revoir son adversaire dans les vestiaires et ils s’adresseront quelques mots. Le fair-play reste vraiment une chose unique en Thaïlande. Après le combat on redeviens des hommes. Pas de haine, seulement le sentiment d’avoir fait sont travail quelque soit le résultat. Mounir BOUTI continue sa route et pour lui le chemin s’élargit. Pour Vatsana Dokplamorkoo il faudra reprendre le chemin de la province après une nuit en Pick-Up sur les routes thaïlandaises. Il remettra son uniforme de lycéen et le soir venu il retournera s’entrainer attendant une nouvelle chance de revenir sur Bangkok. Pour lui la défaite est rude, pas de bourse ni de gains sur les paris. En Thaïlande la place est chère et la défaite ferme vite les accès de la gloire.

Une nouvelle route se trace pour Mounir BOUTI et c’est avec plaisir que je vous informerai de la suite de son programme. (Bientôt un combat Main Event au radjadamnoern Stadium, retransmis à la télévison)

Ce texte s’adresse à tous les passionnés qui aiment la Boxe Thaïlandaise et qui au travers d’un voyage ont eu la fièvre de cette passion. La Kerner Team ce n’est pas qu’une immage ou un logo, c’est une façon de vivre la boxe thai aujourd’hui et non pas au travers d’une ombre d’autre fois. Les années d’or sont peut être passées mais ne retournons pas à l’âge de pierre et regardons plutôt les nouveaux diamants à tailler afin de reconstruire le niveau qui fit de la france la deuxième nation de boxe thaï au monde. La place est loin devant maintenant, mais essayons ! car la passion existe toujours et elle ne demande qu’a ressurgir.

PS : Merci à mon ami ROB COX pour l’utilisation de ses photos. Vous pouvez trouver son reportage sur www.muaythai2000.com

Merci à la Kerner Team et à tous les passionnés qui suivent l’actualité de la Boxe thaïlandaise.

Qui peut prétendre être revenu inchangé de son voyage en Thaïlande ? Ce pays change forcément quelque chose en nous. A chacun de suivre son chemin.